Le Maroc assouplit ses règles de recrutement en cybersécurité face à la pénurie de talents et à la hausse des attaques.
Le Maroc assouplit ses règles de recrutement en cybersécurité face à la pénurie de talents et à la hausse des attaques.
Le gouvernement marocain a assoupli les règles de recrutement des experts en cybersécurité après qu'une augmentation des cyberattaques a mis en évidence des pénuries de talents techniques dans l'ensemble du secteur public.
Un décret signé en mars 2026 autorise la Direction générale de la sécurité des systèmes d'information (DGSSI), qui relève de l'Administration de la défense nationale, à recruter des spécialistes sous contrat à durée déterminée, remplaçant ainsi un système largement dépendant de concours et de longues procédures administratives.
« Les cyberattaques évoluent rapidement et sont de plus en plus soutenues par l’intelligence artificielle, ce qui les rend plus complexes », a déclaré Anas Abou El Kalam, expert en cybersécurité, à des sources médiatiques, prévenant que les modèles de réponse traditionnels ne sont plus suffisants.
Ce changement fait suite à une pression croissante liée à des attaques récentes, notamment une violation présumée visant l'Office de la formation professionnelle et de la promotion de l'emploi, où un pirate informatique a affirmé détenir plus de 400 000 dossiers et a publié un échantillon de 100 000 entrées en ligne.
Une cyberattaque survenue en 2025 contre la Caisse nationale de sécurité sociale a exposé des données liées à environ 2 millions de travailleurs et 500 000 entreprises.
Le Maroc, comme de nombreux pays, est confronté à une pénurie de profils spécialisés en cybersécurité, tandis que le recrutement dans le secteur public reste plus lent et moins compétitif que sur les marchés privés et internationaux.
Dans le cadre de ce nouveau dispositif, les contrats peuvent durer jusqu'à trois ans et être renouvelés, ce qui permet aux autorités de recruter plus rapidement des profils techniques tels que des spécialistes de la sécurité des réseaux et des analystes de réponse aux incidents.
« Le véritable défi n’est pas seulement d’attirer les talents, mais aussi de les fidéliser », a déclaré Hassan Kharchouj, expert en cybersécurité, soulignant l’attrait des entreprises internationales qui offrent des salaires plus élevés et des cycles d’embauche plus rapides.
La DGSSI continue de surveiller les vulnérabilités et de coordonner les réponses par le biais de son système national de cybersécurité, mais les experts affirment que la flexibilité en matière d'embauche ne suffira pas à combler le fossé entre les menaces croissantes et l'expertise disponible.
Cette réforme marque un changement d’approche, passant d’un recrutement administratif rigide à des mécanismes d’embauche plus flexibles, le Maroc adaptant sa stratégie de cybersécurité au rythme de l’évolution des risques numériques.
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