Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie s'orientent vers des partenariats de défense avec le Pakistan.
Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie s'orientent vers des partenariats de défense avec le Pakistan.
Plusieurs États du Golfe, ainsi que la Jordanie, manifestent leur intérêt pour la conclusion d'accords de défense avec le Pakistan, en échange d'un renforcement de la coopération dans les domaines de l'énergie et de l'investissement, compte tenu des transformations sécuritaires rapides qui s'opèrent dans la région à la suite de la guerre américano-israélienne contre l'Iran le 28 février 2026.
Selon cinq sources proches du dossier qui se sont confiées à Reuters, ces initiatives concernent le Koweït et Bahreïn, ainsi que la Jordanie, dans le cadre des efforts visant à renforcer la coopération en matière de défense avec Islamabad et à tirer profit de ses capacités militaires et de ses industries de défense développées ces dernières années.
Cette décision intervient après l'accord de défense conclu l'an dernier entre le Pakistan et l'Arabie saoudite, qui prévoyait le déploiement de milliers de soldats pakistanais, ainsi que d'avions de chasse, de drones, de systèmes de défense aérienne et d'installations militaires liées à la défense.
Défense contre investissement
Dans ce contexte, le Pakistan négocie avec le Koweït un accord de défense élargi en échange d'une coopération dans les domaines de l'énergie et de l'investissement, selon cinq sources bien informées qui se sont confiées à Reuters.
Toutes les sources ont confirmé que les négociations n'en sont qu'à leurs débuts, mais l'une d'elles a indiqué que l'escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran pourrait en compliquer le déroulement.
Une source pakistanaise proche des négociations a indiqué que le Koweït envisageait la possibilité d'établir un dépôt de carburant sous contrôle douanier au Pakistan, en vertu d'un accord existant entre les gouvernements des deux pays concernant la fourniture de diesel.
Dans le cadre de cet accord potentiel, Islamabad souhaite renforcer sa coopération avec le Koweït dans le domaine de la sécurité énergétique, conformément aux orientations plus larges du ministère pakistanais de l'Énergie.
Il n'est pas encore clair si le Pakistan est prêt à poursuivre ce niveau de coopération avec le Koweït comme il l'a fait avec l'Arabie saoudite, d'autant plus que son accord avec cette dernière était le fruit d'une alliance étroite avec Riyad qui dure depuis des décennies.
Un responsable de la sécurité pakistanaise au fait des négociations a déclaré : « La liste des intérêts du Koweït est exhaustive. Mais je tiens à être clair : nous n'envisageons pas – et ne pouvons pas envisager – le déploiement de troupes de combat à ce stade. »
Reuters a rapporté jeudi que des craintes grandissent à Islamabad quant au fait que l'accord de défense conjoint signé l'année dernière entre le Pakistan et l'Arabie saoudite pourrait entraîner le pays dans une guerre américano-iranienne.
Le Pakistan, qui possède l'arme nucléaire, avait précédemment averti l'Iran qu'il considérerait toute attaque contre l'Arabie saoudite comme une attaque contre lui-même, suite à l'attaque lancée lundi dernier par le groupe houthi yéménite allié à l'Iran contre le royaume.
Tout accord de défense avec le Koweït – qui a subi d'intenses attaques iraniennes cette année – soulèverait également des questions quant au rôle que le Pakistan pourrait jouer à l'avenir en tant que médiateur entre les États-Unis et l'Iran.
Option pakistanaise
Les parties pakistanaise et du Golfe estiment toutes deux que l'évolution de la situation sécuritaire dans la région au cours de l'année écoulée a renforcé la nécessité de conclure de nouveaux accords régionaux de défense.
Le Pakistan possède une armée importante et une industrie de défense sophistiquée, et il produit également ses propres avions de chasse, ce qui en fait une option probable pour renforcer les capacités de défense des États du Golfe, dans un contexte d'inquiétudes croissantes quant à la mesure dans laquelle ils peuvent compter sur Washington comme allié fiable en matière de sécurité.
Une source du Moyen-Orient connaissant bien les plans de sécurité koweïtiens a déclaré que l'État du Golfe considère le Pakistan comme une « option sûre ».
Parallèlement, la Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite travaillent sur un projet d'accord de défense conjoint distinct de l'accord bilatéral qu'Islamabad a conclu avec Riyad.
L'intérêt ne se limitait pas au Koweït, puisqu'une source a indiqué que Bahreïn avait également manifesté son intérêt pour la conclusion d'un accord de défense similaire avec le Pakistan.
Trois sources ont également indiqué que la Jordanie avait exprimé son souhait de parvenir à un accord incluant des ventes d'armes et des programmes de formation militaire.
Le Pakistan considère les accords de défense avec les pays voisins comme un moyen d'accroître les investissements dont il a tant besoin, ainsi que de développer la coopération dans le secteur de l'énergie.
Le 18 juin 2026, Washington et Téhéran ont signé un mémorandum d'entente prévoyant un cessez-le-feu et ont entamé des négociations – sous l'égide du Pakistan et du Qatar – pour mettre fin à la guerre que les États-Unis et Israël avaient lancée contre l'Iran le 28 février de la même année.
Le 8 juillet 2026, le président américain Donald Trump a toutefois déclaré la fin du cessez-le-feu en raison d'une nouvelle escalade, après que l'Iran eut attaqué la veille trois navires traversant le détroit d'Ormuz, au motif qu'ils n'avaient pas respecté la route maritime autorisée. Washington a riposté en lançant des frappes sur des sites en Iran, tandis que ce dernier a attaqué plusieurs pays du Golfe.
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