Le médiateur marocain interpelle le gouvernement au sujet de la politique controversée relative au fuseau horaire GMT+1.
Le médiateur marocain interpelle le gouvernement au sujet de la politique controversée relative au fuseau horaire GMT+1.
Le débat de longue date au Maroc sur l’instauration de l’heure d’été permanente a refait surface après que l’institution du Médiateur du Royaume a informé les autorités gouvernementales des plaintes croissantes du public concernant cette politique.
Cette décision fait suite à une plainte officielle déposée par le militant de la société civile Aziz El Kermat, qui a évoqué ce qu'il a décrit comme les effets néfastes de cette « heure supplémentaire » sur l'éducation, la santé publique et la vie quotidienne, en particulier dans les zones rurales où les élèves se rendent souvent à l'école avant le lever du soleil.
D’après la plainte, cette politique nuit au bien-être des étudiants, perturbe leur sommeil et porte atteinte à l’intérêt général. En réponse, le Médiateur a indiqué qu’il porterait ces préoccupations à l’attention du chef du gouvernement et du ministère chargé de la transition numérique et de la réforme administrative.
Les militants accueillent favorablement l'intervention
Mohsen El Woudari, représentant du Comité national à l’origine de la pétition légale pour le rétablissement de l’heure normale au Maroc, a décrit l’intervention du médiateur comme une étape constitutionnelle importante pour répondre aux doléances des citoyens.
Il a déclaré que la réponse de l'institution représente un progrès positif pour les opposants à cette politique, dont beaucoup militent depuis des années pour abolir le changement d'heure permanent.
El Woudari a également accusé les acteurs politiques d'instrumentaliser la question à des fins électorales et a critiqué ce qu'il a qualifié de stratégie visant à « gagner du temps » plutôt qu'à répondre sérieusement aux demandes du public.
La campagne de pétition se poursuit
Les organisateurs de la campagne ont indiqué que la collecte initiale des signatures de la pétition par les coordinateurs régionaux et locaux a commencé cette semaine, et que les données sont actuellement en cours d'examen afin de s'assurer que le seuil légal est atteint avant que la pétition ne soit officiellement soumise au gouvernement.
Les militants ont souligné que la campagne de signatures se poursuit afin d'élargir le soutien du public et de renforcer la légitimité des demandes d'abolition de la politique de l'heure supplémentaire.
Selon les organisateurs, l'objectif principal est d'utiliser les voies institutionnelles et légales pour contester une mesure qui, selon eux, affecte négativement la vie quotidienne des citoyens.
Préoccupations relatives à la santé et à la sécurité
Abdelouahed Ziyat, président du Réseau marocain de l'Alliance civile des jeunes, a également critiqué le maintien de l'heure d'été, arguant qu'elle impose des coûts sociaux et sanitaires importants tout en n'apportant que peu d'avantages économiques concrets.
Il a rejeté les arguments du gouvernement selon lesquels cette politique génère des gains économiques, affirmant que tout avantage financier est largement contrebalancé par son impact sur la santé publique et les conditions de vie quotidiennes.
Ziyat a en outre fait valoir que cette politique contredit le programme plus large de « l’État social » du Maroc, qui place le bien-être des citoyens au centre des politiques publiques.
Il a souligné les difficultés rencontrées par les étudiants et les travailleurs dans les régions reculées et montagneuses pendant l'automne et l'hiver, lorsque beaucoup sont contraints de voyager de nuit dans des conditions météorologiques difficiles et avec des options de transport limitées, ce qui les expose à des risques pour leur sécurité.
Le militant a appelé l'institution du Médiateur à faire pression sur le gouvernement pour qu'il revoie sa politique, avertissant que le maintien de cette heure supplémentaire éloigne de plus en plus les autorités de l'opinion publique.
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