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Un investisseur tanzanien acquiert le groupe de médias kényan Nation Media Group après 66 ans de contrôle par l'Aga Khan.

Un investisseur tanzanien acquiert le groupe de médias kényan Nation Media Group après 66 ans de contrôle par l'Aga Khan.

Un investisseur tanzanien acquiert le groupe de médias kényan Nation Media Group après 66 ans de contrôle par l'Aga Khan.

Le Fonds Aga Khan pour le développement économique a mis fin à une ère de six décennies en vendant sa participation de 54,08 % dans le groupe kényan Nation Media, la plus grande entreprise de médias indépendante d'Afrique de l'Est, à l'homme d'affaires tanzanien Rustam Azizi.

Cet accord a permis au milliardaire tanzanien de prendre le contrôle total du groupe, ouvrant la voie à une nouvelle phase dans l'histoire des médias kényans et régionaux, sous réserve de l'approbation des autorités réglementaires dans les prochains mois.

Signes de transformation

Selon un rapport de TechCabal, un site web spécialisé dans l'actualité technologique en Afrique, la décision de vendre reflète la prise de conscience par l'Aga Khan de la difficulté de maintenir le modèle médiatique traditionnel face à la transformation numérique, notamment avec le déclin des revenus publicitaires imprimés et la dépendance croissante aux plateformes numériques.

Le site web tanzanien « The Chanzo » a indiqué qu'Azizi s'était engagé à ne pas réduire la taille du groupe mais à l'agrandir, soulignant que sa stratégie reposait sur l'investissement dans le contenu numérique et le renforcement de sa présence régionale.

Dans une analyse publiée sur la plateforme Medium, le journaliste kényan Moses Kimbaru a décrit l'accord comme le résultat de « mauvais paris stratégiques » faits par le groupe au cours de la dernière décennie, notamment l'investissement massif dans des presses d'imprimerie modernes en 2015 au lieu de se concentrer sur la transformation numérique, ce qui a accéléré son déclin face à la concurrence mondiale sur le marché publicitaire.

Les défis auxquels est confronté « Nation Media »

Le groupe a dû faire face à une série de défis qui ont fragilisé sa position de leader. L'introduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en 2013 a entraîné une hausse de 20 % du prix des journaux, provoquant une baisse significative de leur diffusion. Malgré l'annonce par la direction de son intention de se transformer en une « entreprise de contenu numérique », celle-ci a continué de considérer l'impression comme « le cœur de son activité », creusant ainsi un fossé stratégique entre ses ambitions et la réalité.

Les plateformes mondiales comme Facebook et Google ont également capté une part croissante du marché publicitaire, affaiblissant la compétitivité des journaux kenyans traditionnels. De plus, la domination persistante d'une génération de dirigeants plus âgés a engendré des décisions lentes et hésitantes en matière de transformation numérique.

L'avenir du groupe repose sur la propriété d'Azizi.

De son côté, le nouveau propriétaire a confirmé que son plan repose sur une expansion régionale et un renforcement de la présence du groupe en Afrique de l'Est, notamment en Tanzanie, en Ouganda et au Rwanda. Il devrait investir massivement dans les plateformes numériques, en phase avec l'évolution du paysage médiatique mondial. Il a également précisé qu'il n'envisage ni de supprimer des emplois ni de fermer des journaux, mais souhaite plutôt restructurer le modèle économique du groupe afin d'en assurer la pérennité.

L'accord entre l'Aga Khan et Rustam Azizi ne se limite pas à un simple transfert de propriété ; il marque la fin d'un modèle médiatique traditionnel et l'avènement d'une ère nouvelle qui pourrait façonner l'avenir des médias indépendants en Afrique de l'Est. Le succès d'Azizi dépendra de sa capacité à réinventer le groupe grâce au numérique tout en préservant son riche héritage journalistique.


Catégorie : Information | Publié le 13/03/2026 à 00:24 | Par NewsDuMaroc.com