Un écrivain israélien : L’assassinat de dirigeants est-il en train de devenir un outil de changement de régime ?

Un écrivain israélien : L'assassinat de dirigeants est-il en train de devenir un outil de changement de régime ?
Le ciblage du défunt guide suprême iranien Ali Khamenei pourrait non seulement constituer un développement sécuritaire dramatique au Moyen-Orient, mais aussi le signe d'un changement plus profond dans les règles des conflits internationaux.
Selon l'ancien diplomate israélien Avi Gil, cet événement pourrait ouvrir la voie à une phase où le ciblage des dirigeants deviendrait un outil courant de la politique internationale, au lieu de se limiter aux guerres traditionnelles entre États.
Dans une tribune publiée dans le Jerusalem Post, Gill soutient que l'assassinat de Khamenei reflète la convergence de plusieurs transformations mondiales, notamment l'incapacité du système international à contenir les menaces majeures, le déclin de la confiance dans l'ordre mondial libéral, la montée du populisme et le développement rapide des techniques d'assassinats ciblés.
L'assassinat de Khamenei reflète la convergence de plusieurs transformations mondiales, notamment l'incapacité du système international à contenir les menaces majeures.
Selon l'auteur, les progrès réalisés dans le domaine des drones, de l'intelligence artificielle et des systèmes de suivi rendent la tactique de ciblage des dirigeants plus réalisable que jamais.
Dans ce contexte, Gill estime que cibler Khamenei pourrait constituer un moment charnière dans un processus où l'élimination des chefs d'État devient un outil politique légitime, les interprétations traditionnelles du droit international s'estompant.
Il ajoute que cette transformation, si elle s'enracine, pourrait ne pas se dérouler en secret comme par le passé, mais plutôt comme une action dont les États déclarent explicitement la responsabilité, tout en soulignant le fondement moral qui, selon eux, la justifie.
Pour expliquer ce concept, Gill fait référence à son livre de science-fiction de 2025, « L'Option Léviathan », dans lequel il imagine une alliance de grandes puissances imposant l'ordre mondial par le biais de ce qu'il appelle la « dissuasion personnelle » contre les dirigeants perçus comme une menace pour la paix internationale.
Dans ce scénario, comme l'explique l'auteur, ce sont les dirigeants eux-mêmes qui deviennent la cible directe des sanctions, au lieu que ce soit leur peuple qui supporte le coût des guerres ; et il soutient que la conscience qu'ont les dirigeants de la possibilité d'être personnellement visés peut, en théorie, créer un effet dissuasif qui les empêche de prendre des décisions controversées.
L'auteur pose la question suivante : qui aura l'autorité pour déterminer quels dirigeants constituent une menace pour l'ordre mondial ?
L'échec du système international
Gill affirme que le système international actuel, dirigé par les Nations Unies, semble incapable de faire face aux grands défis qui menacent l'humanité, tels que la prolifération des armes non conventionnelles, le changement climatique, les épidémies et le terrorisme international.
Dans ce contexte, l'auteur rappelle l'idée du philosophe Thomas Hobbes de « Léviathan » ou « État monstrueux », c'est-à-dire l'autorité suprême capable d'imposer l'ordre et d'empêcher le chaos.
Selon Gill, face à des menaces globales croissantes, cette idée pourrait renaître sous la forme d'une autorité internationale forte imposant ses règles aux États et à leurs dirigeants, et tenant ces derniers personnellement responsables de leurs décisions.
Mais, dans le même temps, l'auteur soulève des questions cruciales : qui aura l'autorité pour déterminer quels dirigeants constituent une menace pour l'ordre mondial ? Et comment s'assurer que cette autorité ne devienne pas un instrument entre les mains de puissances cherchant à servir leurs propres intérêts ?
Il conclut que la politique d'assassinats ciblés, dans laquelle Israël a excellé et qu'il justifie moralement, pourrait finalement se retourner contre ses auteurs si l'élimination des dirigeants devenait une pratique courante dans le nouvel ordre international.
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