Escalade raciste et violation flagrante : condamnations arabes et internationales de la loi autorisant l’exécution des prisonniers palestiniens.

Escalade raciste et violation flagrante : condamnations arabes et internationales de la loi autorisant l'exécution des prisonniers palestiniens.
Après l'adoption, lundi soir, par la Knesset israélienne, en deuxième et troisième lecture, d'une loi prévoyant l'exécution des prisonniers palestiniens accusés par l'occupation d'avoir perpétré ou planifié des attentats, une vague de condamnations palestiniennes, arabes et internationales a suivi, considérant cette mesure comme un dangereux précédent et une consécration du système d'apartheid.
Au niveau arabe, l'Égypte a condamné avec la plus grande fermeté l'adoption de cette loi, soulignant qu'elle représente une escalade sans précédent et une atteinte aux garanties d'un procès équitable, notant que la législation est « nulle et non avenue », consacre une approche discriminatoire systématique et constitue une violation flagrante des règles du droit international humanitaire et des Conventions de Genève.
En Égypte, Al-Azhar a également fermement condamné l'adoption de cette loi, la qualifiant de « tentative désespérée » de légaliser et de justifier les crimes de l'occupation contre les Palestiniens. Dans un communiqué, l'université a affirmé que légitimer le meurtre de prisonniers témoigne de la « sauvagerie et de la dépravation morale » de l'entité sioniste et de sa violation de toutes les valeurs humaines.
Il a également exprimé son profond mécontentement face à « l'effondrement du système juridique international » et à son incapacité à lutter contre la légalisation du crime, et a appelé les organisations de défense des droits de l'homme à assumer leurs responsabilités pour mettre fin à ces mesures qui bafouent les normes internationales.
À Amman, le ministère jordanien des Affaires étrangères a condamné la loi, la qualifiant de « raciste et illégitime », et a appelé la communauté internationale à contraindre Israël à mettre fin à ses décisions invalides qui menacent l'existence même du peuple palestinien.
Le ministère jordanien des Affaires étrangères a estimé que cette loi contrevient aux règles du droit international, qui interdisent d'imposer un contrôle sur les territoires occupés par le biais de cadres législatifs imposés par la puissance occupante.
Condamnation internationale et des défenseurs des droits humains et menaces de sanctions européennes
Sur le plan international, une déclaration commune publiée – avant l'adoption de la loi par la Knesset – par l'Allemagne, la France, l'Italie et la Grande-Bretagne a condamné la décision d'Israël d'adopter cette loi, la considérant comme une atteinte à l'engagement d'Israël envers les principes démocratiques.
Dans un communiqué publié dimanche par le ministère allemand des Affaires étrangères, les quatre pays ont écrit : « Nous, ministres des Affaires étrangères d'Allemagne, de France, d'Italie et du Royaume-Uni, exprimons notre profonde préoccupation face au caractère discriminatoire d'un projet de loi qui élargirait considérablement les possibilités d'appliquer la peine de mort en Israël. »
La chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que l'Union européenne a menacé Israël de sanctions en cas de mise en œuvre de la loi, notamment en annulant l'accord de partenariat ou en suspendant certaines de ses dispositions, telles que le commerce, la coopération technologique et le dialogue politique. Les médias israéliens ont cité des responsables européens qualifiant cette mesure de « désastre moral » qui consacrerait deux systèmes de justice, l'un pour les Juifs et l'autre pour les Palestiniens.
De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme dans les territoires palestiniens a appelé Israël à abroger immédiatement cette loi, soulignant qu'elle consacre la violation de l'interdiction de l'apartheid et constitue une violation de l'interdiction internationale des traitements cruels et dégradants.
Amnesty International a qualifié l'adoption de cette loi de « démonstration publique de brutalité et de discrimination », avertissant qu'elle représente le début d'une série de lois qui menacent de faciliter le recours à la peine de mort contre les Palestiniens.
L'organisation a souligné que l'amendement ajouté au code pénal élargit dangereusement le champ d'application de cette peine, appelant la communauté internationale à exercer une « pression maximale » sur les autorités occupantes pour qu'elles abrogent immédiatement cette loi et œuvrent à l'abolition complète et totale de la peine de mort.
Plus de 9 300 Palestiniens croupissent dans les prisons israéliennes, subissant – selon les organisations de défense des droits de l'homme – des actes de torture, la famine et une négligence médicale délibérée.
Lors du vote final, 62 membres ont voté pour la loi, 47 contre et un s'est abstenu. Cette loi, préalablement approuvée par le Comité de sécurité nationale, stipule que la peine de mort par pendaison est obligatoire pour quiconque cause intentionnellement la mort d'un Israélien dans un acte qualifié de « terrorisme » par l'occupation. La possibilité d'accorder une grâce ou une réduction de peine est révoquée ultérieurement, et la sentence doit être exécutée dans un délai maximal de 90 jours à compter de son prononcé.
Participer à la conversation