Licenciements au Washington Post : des Marocains prennent la défense de la correspondante Souad Mekhennet, prise pour cible par une campagne algérienne.
Licenciements au Washington Post : des Marocains prennent la défense de la correspondante Souad Mekhennet, prise pour cible par une campagne algérienne.
Le soutien à la journaliste germano-marocaine Souad Mekhennet s'est répandu en ligne après que des comptes nationalistes algériens sur X ont profité des licenciements au Washington Post pour faire pression en faveur de son renvoi pour des reportages qui ont exposé des liens entre l'Iran et le Front Polisario.
Mekhennet, journaliste germano-marocaine spécialisée dans les questions de sécurité nationale au Washington Post et connue pour ses reportages sur le terrorisme et les réseaux militants, est prise dans la décision du journal de licencier environ un tiers de ses effectifs, soit plus de 300 employés, dans le cadre d'une importante restructuration de la rédaction et de l'entreprise approuvée par le propriétaire Jeff Bezos.
Son dernier point de friction remonte à un article du Washington Post d'avril 2025 citant des responsables régionaux et européens dénonçant le soutien et la formation iraniens aux combattants du Front Polisario en Syrie.
Mekhennet, journaliste marocaine spécialisée dans les reportages à haut risque sur la sécurité nationale, « n'est pas un nom parmi d'autres dans une rédaction. Elle est l'une des journalistes d'investigation les plus respectées au monde dans les domaines de la sécurité nationale, de la géopolitique, du terrorisme et des réseaux extrémistes », a écrit le blogueur marocain Najib Addadi, tandis que des messages la soutenant se multipliaient en ligne.
Soutien total à la journaliste marocaine Souad Mekhennet, menacée de perdre son emploi suite à la publication d'articles sensibles, notamment son enquête révélant les liens entre le Polisario et l'Iran via l'Algérie. La soutenir, c'est défendre la liberté de la presse et le droit du public à l'information. #SaveThePost pic.twitter.com/acx4M33WGe
– Saad Maarouf ������������۞ (@saadmoorish) 1er février 2026
#savethepost Tous avec Souad Mekhennet ; Le Maroc d'abord pic.twitter.com/efBgv09kG4
– Cours génie civil (@4geniecivil) 2 février 2026
������������||▪︎ Le Washington Post commet une grave erreur en faisant taire une voix de la vérité… Souad Mekhennet (@smekhennet) n'est pas une journaliste comme les autres ������������
La décision de licencier des journalistes indépendants à une époque de pression croissante et de lobbying puissant est un signal dangereux pour… pic.twitter.com/UBkUWPz9LC
– نجيب الأضادي-Najib Addadi (@AddadiNajib) 2 février 2026
Des comptes nationalistes pro-algériens ont commencé à diffuser des messages ciblant Souad Mekhennet après que son reportage d'avril 2025 pour le Washington Post ait cité le soutien et l'entraînement iraniens aux combattants du Front Polisario, un reportage qui a ensuite alimenté un effort au Congrès des États-Unis pour désigner le Front Polisario comme une organisation terroriste étrangère.
Une seconde vague de messages nationalistes algériens a ciblé Mekhennet après la mise à jour par le Post de son rapport d'avril 2025, intégrant un démenti tardif du Polisario. Des internautes algériens ont diffusé cette modification en ligne, y voyant la preuve d'un revirement de la part du journal. Les vérificateurs de faits français ont affirmé qu'il s'agissait d'une mise à jour de routine visant à ajouter une réponse tardive.
La polémique en ligne a refait surface alors que le propriétaire, Jeff Bezos, a soutenu une restructuration qui a supprimé environ un tiers des effectifs et réduit la couverture internationale du journal.
@JeffBezos Je couvre la sécurité internationale pour le @washingtonpost et j'ai réalisé des reportages sur l'EI, l'assassinat de Jamal Khashoggi, Al-Qaïda, l'Iran et Israël. J'ai été emprisonnée, j'ai vécu sous la menace et j'ai échappé à des enlèvements pour faire ce travail. #LeJournalismeEstEssentiel pour l'Amérique et le monde. #SauvezLePost pic.twitter.com/mDxmM4qX9g
– Souad Mekhennet (@smekhennet) 26 janvier 2026
En 2024, le Washington Post a perdu environ 250 000 abonnés numériques, soit environ 10 % de sa base, après que son propriétaire, Jeff Bezos, a bloqué un soutien prévu à Kamala Harris, selon les propres comptes du Post et les informations du Guardian.
Les articles relatant ces licenciements citent également la direction qui évoque une baisse de près de 50 % du trafic généré par les moteurs de recherche sur trois ans.
Souad Mekhennet, mon amie et collègue, est l'une des meilleures expertes en matière de sécurité internationale et de terrorisme — nous avons besoin de ses reportages ! https://t.co/s98CaAR5x8
— Katrin Eigendorf (@KEigendorf) 27 janvier 2026
Des journalistes et d'anciens employés du Washington Post ont lancé la campagne #SaveThePost sur X et d'autres plateformes, en interpellant directement le propriétaire Jeff Bezos et en l'exhortant à mettre fin aux coupes budgétaires, une initiative qui a rapidement pris de l'ampleur en ligne.
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