Les avocats marocains mettent fin à leur grève après la suspension par le gouvernement d'un projet de loi controversé.
Les avocats marocains mettent fin à leur grève après la suspension par le gouvernement d'un projet de loi controversé.
Les avocats marocains ont fait leur retour dans les tribunaux cette semaine après que le gouvernement a accepté de suspendre un projet de loi controversé régissant la profession juridique, ce qui a permis d'apaiser une impasse qui avait perturbé les procédures judiciaires dans tout le pays.
L'Association des barreaux marocains a annoncé que les avocats reprendraient le travail à compter du lundi 16 février, après ce qu'elle a qualifié de percée suite à des discussions avec le chef du gouvernement.
Cette décision fait suite à plusieurs semaines de grèves et de boycotts contre un projet de loi défendu par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi. Les avocats estimaient que ce texte menaçait l'indépendance de la profession.
Le projet de loi vise à réviser le cadre juridique régissant la profession d'avocat, notamment les procédures disciplinaires, les conditions d'accès à l'université et les mécanismes de contrôle. Les ordres des avocats ont indiqué que plusieurs dispositions pourraient accroître l'influence du pouvoir exécutif sur les affaires internes des avocats et affaiblir leur autonomie professionnelle.
Ces dernières semaines, des avocats ont organisé des manifestations à l'échelle nationale, suspendu leur participation aux réunions officielles avec le ministère de la Justice et se sont retirés des audiences. Ces actions ont ralenti les procédures devant les tribunaux civils, pénaux et commerciaux, aggravant les retards d'un système judiciaire déjà en pleine réforme visant à améliorer son efficacité et sa transparence.
Les tensions se sont exacerbées après que le ministère de la Justice a indiqué son intention de soumettre le projet de loi au Parlement malgré les objections des barreaux, qui ont affirmé ne pas avoir été suffisamment consultés lors de son élaboration. Les barreaux ont appelé à un dialogue « sérieux et responsable » afin de protéger les principes fondamentaux, notamment l'indépendance professionnelle, l'immunité et les droits acquis.
L'Association des barreaux marocains a indiqué que le chef du gouvernement avait décidé de ne pas soumettre le projet de loi au Parlement en l'état. Une commission mixte sera mise en place sous son autorité pour réexaminer le texte.
Le comité devrait tenir sa première réunion vendredi. Bien que le projet de loi n'ait pas été retiré, les avocats ont salué sa suspension comme une étape préliminaire vers le règlement du différend.
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