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Le Maroc gagne huit places dans le classement de la corruption, mais ces progrès modestes masquent des défaillances plus profondes.

Le Maroc gagne huit places dans le classement de la corruption, mais ces progrès modestes masquent des défaillances plus profondes.

Le Maroc gagne huit places dans le classement de la corruption, mais ces progrès modestes masquent des défaillances plus profondes.

Le Maroc a gagné huit places dans l'Indice de perception de la corruption 2025, se classant 91e sur 182 pays, suite à une légère amélioration de son score, selon Transparency International. Bien que ce bond puisse paraître significatif, les données sous-jacentes suggèrent que les progrès restent superficiels et largement symboliques.

Le Maroc a obtenu un score de 39 sur 100 dans le dernier indice, soit une hausse de seulement deux points par rapport à 2024 (37 points), année où il occupait la 99e place. Cette progression marque la première légère amélioration du pays depuis plusieurs années, mais le Maroc reste bien en deçà du seuil de 50 points que Transparency International associe à des normes de gouvernance acceptables.

Malgré l'amélioration de son classement, le Maroc reste englué dans une faible performance. Depuis plus d'une décennie, son score oscille entre 37 et 43 points, illustrant l'absence de réformes structurelles durables plutôt qu'une nette progression.

Transparency Morocco se félicite de cette amélioration, mais souligne que des problèmes profondément enracinés continuent de compromettre les efforts de lutte contre la corruption. Parmi ceux-ci figurent la faiblesse des mécanismes de contrôle, l'indépendance limitée du pouvoir judiciaire et l'insuffisance de la responsabilité des agents publics – des problèmes que les gains marginaux de score ne permettent guère de résoudre.

La meilleure performance récente du Maroc remonte à 2018, année où il occupait la 73e place avec 43 points. Depuis, son classement s'est progressivement dégradé avant de connaître un léger rebond dans l'indice de 2025, ce qui suggère une reprise après un déclin plutôt qu'un véritable progrès dû à des réformes.

À l'échelle régionale, le score du Maroc reste cohérent avec la stagnation plus générale observée au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où les initiatives anticorruption ont peiné à progresser en raison de contraintes politiques, d'une transparence limitée et d'un espace civique de plus en plus restreint.

Le rapport de Transparency International souligne que la corruption demeure un défi mondial, alimenté par un leadership faible, des restrictions à la liberté de la presse et des contre-pouvoirs démocratiques inefficaces. Le score moyen mondial a chuté à 42, et plus des deux tiers des pays étudiés ont obtenu un score inférieur à 50.

Bien que le Maroc ait mis en place un organe constitutionnel chargé de promouvoir l'intégrité et de lutter contre la corruption, ainsi que de multiples institutions de contrôle, ces cadres ne se sont pas encore traduits par une application ou une dissuasion mesurable.

Selon le rapport, une amélioration durable nécessiterait bien plus que des structures juridiques. Le renforcement de l'application de la réglementation, la protection de la société civile et des libertés de la presse, ainsi que l'élargissement de l'accès à l'information sont indispensables pour que le Maroc puisse dépasser les progrès superficiels.

Sans une responsabilisation concrète et une volonté politique, la progression du Maroc dans les classements risque de surestimer les progrès accomplis et de détourner l'attention des réformes plus profondes encore nécessaires pour lutter efficacement contre la corruption.


Catégorie : Actualités du Maroc | Publié le 11/02/2026 à 14:08 | Par NewsDuMaroc.com