Le gouvernement marocain réexamine un premier décret de classification de la sécurité des barrages alors que les inondations mettent à l'épreuve les principaux réservoirs.
Le gouvernement marocain réexamine un premier décret de classification de la sécurité des barrages alors que les inondations mettent à l'épreuve les principaux réservoirs.
Le Conseil de gouvernement marocain a examiné un projet de décret sur la classification des barrages et l'évaluation de leur sécurité qui, pour la première fois, établirait des règles claires en matière de responsabilité, de surveillance et d'évaluation des infrastructures hydrauliques, alors que les récentes inondations ont accru la pression sur les réservoirs stratégiques et renforcé le contrôle de la gestion des barrages, selon des responsables cités par PressDuMaroc.com.
Une source officielle a indiqué à PressDuMaroc.com que le projet de décret n° 2.25.542, relatif à la classification des barrages et à l'évaluation de leur sécurité, fait partie d'un ensemble de trois décrets interdépendants que le Conseil doit examiner conjointement, leurs dispositions étant liées par un thème commun : les barrages. Une autre source bien informée a précisé que le Conseil s'est limité à l'examen des textes et a convenu de délibérer sur les trois décrets lors d'une séance unique avant leur approbation, afin d'établir un cadre juridique cohérent pour les ouvrages hydrauliques stratégiques.
La même source a indiqué que les textes sont complémentaires et ne peuvent être adoptés séparément, ajoutant que le paquet devrait être de nouveau examiné lors d'une prochaine réunion du Conseil de gouvernement dans les semaines à venir, sans date fixe, en fonction de l'ordre du jour et de la coordination avec le Secrétariat général du gouvernement.
Une source au sein de la Direction générale de l'ingénierie hydraulique a indiqué que le décret servirait de cadre de référence pour la gouvernance des barrages en définissant les responsables de chaque ouvrage, les obligations des exploitants, ainsi que les tâches et les contrats liés aux études et aux opérations, dans le but affiché de renforcer la transparence.
Interrogée sur les retards dans la publication du décret malgré son importance stratégique, la source officielle a évoqué le nombre de parties prenantes impliquées, expliquant que chaque partie devait apporter sa contribution, ce qui ralentissait le processus, et que de multiples propositions devaient être intégrées avant que le texte puisse progresser.
Le projet de décret rendrait opérationnelle la loi 30 15 de 2016 en établissant des modalités pratiques de classification des barrages, en définissant des critères et des responsabilités, et en déterminant la fréquence des inspections.
Il introduirait trois catégories, A, B et C, basées sur la hauteur et la capacité de stockage, permettant aux autorités de prioriser la surveillance en fonction du risque potentiel en cas de défaillance.
Elle permettrait également de réglementer les évaluations du niveau de sécurité grâce à une approche multidisciplinaire prenant en compte l'état général de la structure, ses performances en fonctionnement normal et sous contrainte, la fiabilité des équipements et les paramètres géotechniques.
Le texte nécessiterait une surveillance régulière, quotidienne pour les barrages A et B et hebdomadaire pour les barrages C, avec un suivi renforcé lors de situations exceptionnelles telles que des inondations ou des tremblements de terre.
Les études d'évaluation de la sécurité seraient réalisées par des équipes spécialisées en génie civil, hydraulique, géologie et géotechnique, selon un cadre méthodologique strict visant à standardiser la qualité et la comparabilité des rapports.
Le décret établirait également des dispositions transitoires pour les barrages déjà en exploitation afin de les intégrer progressivement au nouveau régime de classification et d'évaluation sans créer de vide réglementaire.
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