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Le Conseil social marocain dénonce les failles du système d'assurance maladie et réclame une réforme en profondeur.

Le Conseil social marocain dénonce les failles du système d'assurance maladie et réclame une réforme en profondeur.

Le Conseil social marocain dénonce les failles du système d'assurance maladie et réclame une réforme en profondeur.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) du Maroc a averti lundi que le système d'assurance maladie obligatoire du pays souffre de faiblesses structurelles majeures qui continuent de limiter l'accès aux soins, malgré des taux d'adhésion élevés.

Le conseil a indiqué qu'environ 88 % de la population est inscrite à des régimes d'assurance maladie, mais que près de 30 % des bénéficiaires ont vu leur couverture suspendue en raison de cotisations impayées ou de problèmes administratifs, ce qui empêche de nombreuses personnes d'accéder aux services.

Cet avertissement a été lancé par Abdelmaksoud Rachdi, membre du CESE, lors du 10e Forum parlementaire international sur la justice sociale, qui s'est tenu à la Chambre des conseillers.

Rachdi a déclaré que l'accent mis actuellement sur l'augmentation du nombre d'inscrits ne s'est pas traduit par un accès effectif aux soins de santé, et a appelé à un examen complet de la conception et de la mise en œuvre du système.

Selon le conseil, les patients assurés continuent de se heurter à des obstacles importants, notamment pour accéder aux soins spécialisés. Parmi ceux-ci figurent des frais médicaux initiaux élevés, des taux de remboursement faibles et des procédures d'indemnisation longues, qui dissuadent nombre d'entre eux de se faire soigner.

Le conseil a également mis en lumière de fortes disparités régionales, notant que les zones rurales et marginalisées souffrent de pénuries d'hôpitaux, d'équipements médicaux et de professionnels de la santé.

Les travailleurs indépendants et les travailleurs du secteur informel demeurent parmi les groupes les plus touchés. Nombre d'entre eux éprouvent des difficultés à s'inscrire et à verser des cotisations régulières, ce qui entraîne un nombre élevé de comptes suspendus, indique le rapport.

CESE a également souligné la fragmentation du système en de multiples régimes d'assurance comme une autre faiblesse majeure, affirmant qu'elle nuit à la coordination et réduit l'efficacité globale.

La hausse des coûts des soins de santé met le système à rude épreuve. Les tarifs médicaux nationaux n'ont pas été mis à jour depuis des années, tandis que les cliniques privées représentent une part croissante des dépenses de santé, accentuant la pression sur les budgets des ménages.

Le conseil a déclaré que le déséquilibre entre l'offre de soins de santé publics et privés avait creusé les inégalités et affaibli l'efficacité de la couverture santé.

Rachdi a exhorté les autorités à dépasser les objectifs d'inscription et à se concentrer sur la garantie d'une véritable protection médicale et financière. Il a plaidé pour un système d'assurance maladie unifié et intégré.

Le conseil a recommandé d'accélérer la numérisation, de réduire les délais de remboursement, de revoir les mécanismes de contribution et les taux de remboursement afin de refléter le pouvoir d'achat des citoyens et de mettre à jour les tarifs médicaux nationaux.

Elle préconisait également le renforcement des infrastructures de santé, notamment dans les zones reculées, et l'amélioration de la communication avec les citoyens assurés.

Selon le CESE, le succès de la réforme de l'assurance maladie au Maroc dépendra de changements structurels progressifs mais profonds.


Catégorie : Actualités du Maroc | Publié le 10/02/2026 à 20:23 | Par NewsDuMaroc.com