Israël annonce la réouverture partielle du point de passage de Rafah à Gaza
Israël annonce la réouverture partielle du point de passage de Rafah à Gaza
Israël a partiellement rouvert dimanche le point de passage de Rafah entre la bande de Gaza dévastée et l'Égypte, après des mois de pressions de la part des organisations humanitaires, bien que l'accès soit limité à la circulation des personnes.
Le COGAT, organe du ministère israélien de la Défense chargé de coordonner les affaires civiles palestiniennes, n'a fait aucune mention de l'autorisation d'une aide massive tant espérée et a précisé que le passage des personnes par le point de passage dans les deux sens devrait commencer lundi.
Rafah est considérée comme un point d'entrée clé pour l'acheminement des fournitures vers le territoire palestinien dévasté, où les conditions humanitaires restent catastrophiques après deux ans de guerre malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre.
Le point de passage est fermé depuis que les forces israéliennes en ont pris le contrôle en mai 2024 lors de la guerre contre le Hamas, hormis une brève et limitée réouverture début 2025.
Le COGAT a déclaré dimanche que le point de passage de Rafah avait été ouvert aujourd'hui pour le passage limité des résidents seulement, mais a ajouté plus tard que le mouvement des résidents dans les deux sens, l'entrée et la sortie de Gaza, devrait commencer demain.
Un responsable du ministère de la Santé de Gaza, qui opère sous l'autorité du Hamas, a déclaré qu'environ 200 patients attendaient d'être autorisés à quitter le territoire une fois le point de passage ouvert.
Des images de l'AFP ont montré une file d'ambulances entrant au point de passage depuis le côté égyptien, bien que des sources aient indiqué qu'aucune n'avait été autorisée à entrer dans Gaza jusqu'à présent.
« L'ouverture de Rafah ouvre une petite porte d'espoir pour les patients, les étudiants et les habitants de Gaza », a déclaré à l'AFP Amin Al-Hilu, 53 ans, qui vit sous une tente dans le camp d'Al-Shati du territoire.
« Nous avons besoin que le point de passage soit pleinement ouvert aux voyages et à l'importation de marchandises sans restrictions israéliennes, et je pense que cela nécessitera une pression importante sur Israël. »
Un responsable palestinien a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat qu'un groupe d'environ 40 Palestiniens affiliés à l'Autorité palestinienne était arrivé du côté égyptien du point de passage et attendait également d'être autorisé à entrer.
Israël avait précédemment déclaré qu'il ne rouvrirait pas le point de passage tant que le corps de Ran Gvili — le dernier otage israélien détenu à Gaza — n'aurait pas été restitué.
Sa dépouille a été retrouvée il y a quelques jours et il a été inhumé en Israël mercredi, le COGAT annonçant la réouverture deux jours plus tard.
COGAT a décrit la réouverture de dimanche comme une « phase pilote initiale », coordonnée avec l'UE, ajoutant que les parties effectuaient des « préparatifs préliminaires visant à accroître la préparation à la pleine exploitation du point de passage ».
Aucun accord n'a encore été conclu sur le nombre de Palestiniens autorisés à entrer ou à sortir, ont indiqué des sources, notant que l'Égypte prévoit d'admettre « tous les Palestiniens qu'Israël autorise à quitter ».
« Ma génération et moi méritons une chance dans la vie et de construire un avenir », a déclaré Adam Awad, 19 ans, qui attendait de traverser le point de passage de Rafah pour rejoindre un programme de génie civil dans une université en Turquie.
« Nous vivons toujours dans la peur et l'angoisse, sans abri, sans eau ni électricité. »
Située à la frontière sud de Gaza avec l'Égypte, Rafah est le seul point de passage vers et depuis le territoire qui ne traverse pas Israël.
Elle se situe dans une zone contrôlée par les forces israéliennes suite à leur retrait derrière la soi-disant « Ligne jaune » en vertu des termes du cessez-le-feu négocié par les États-Unis.
Les troupes israéliennes contrôlent toujours plus de la moitié de Gaza, tandis que le reste demeure sous l'autorité du Hamas.
« Nous appelons les médiateurs et les États garants de l'accord (de cessez-le-feu) à surveiller le comportement de l'occupation au point de passage de Rafah afin d'empêcher Gaza de faire face à un nouveau siège israélien », a déclaré le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, dans un communiqué.
Cette réouverture devrait faciliter l'entrée d'un organe technocratique palestinien de 15 membres, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), établi en vertu de l'accord de cessez-le-feu pour superviser la gouvernance quotidienne des 2,2 millions d'habitants du territoire.
Cependant, le NCAG, dirigé par l'ancien vice-ministre de l'Autorité palestinienne Ali Shaath, ne devrait pas entrer dimanche, a déclaré un membre du comité.
« Le chef du comité a été informé qu'Israël avait approuvé l'entrée des membres à Gaza, mais n'a pas encore fixé de date », a-t-il déclaré à l'AFP, exhortant les médiateurs « à accélérer les opérations au point de passage et à augmenter le nombre de voyageurs ».
Parallèlement, le ministère israélien des Affaires de la diaspora et de la Lutte contre l'antisémitisme a déclaré dimanche avoir décidé de mettre fin au travail de l'organisation humanitaire médicale Médecins sans frontières (MSF) à Gaza d'ici le 28 février en raison de son « incapacité à soumettre des listes d'employés locaux, une exigence applicable à toutes les organisations humanitaires ».
MSF a déclaré avoir décidé de ne pas donner la liste après n'avoir reçu aucune assurance de la part d'Israël que les informations ne « mettraient pas ses collègues en danger ».
Le groupe affirme que 15 de ses employés ont été tués au cours de la guerre.
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