En France, trois hommes condamnés pour viol collectif après que la mère a sauvé des preuves.
En France, trois hommes condamnés pour viol collectif après que la mère a sauvé des preuves.
Un tribunal français a condamné trois jeunes hommes à de la prison ferme pour le viol en réunion d'une jeune fille de 18 ans en 2020, après que la mère de la victime a conservé les preuves dans un sac en plastique pendant un an, jusqu'à ce que sa fille soit prête à porter plainte.
Les actions de la mère ont contribué à la condamnation mercredi soir, dans un pays où seule une fraction des femmes déposent une plainte auprès de la police après une agression sexuelle, et où la plupart de ces affaires n'arrivent jamais devant les tribunaux.
Milly, qui a raconté son histoire au quotidien français Le Monde en 2024, vivait dans l'ouest de la France mais était en visite dans la région parisienne en mars 2020 lorsqu'elle a déclaré avoir été abandonnée par des amis dans une chambre de la banlieue de Champigny-sur-Marne.
L'adolescente a déclaré aux enquêteurs que huit hommes — la plupart d'entre eux portant des cagoules — l'avaient frappée, et que plusieurs l'avaient violée tandis que les autres regardaient en riant, avant qu'un coup dans le cou ne la laisse inconsciente.
La jeune femme a raconté l'agression à sa mère, mais n'était pas prête à parler à la police. Sa mère a donc rangé son legging et son sous-vêtement dans un sac en plastique, afin de préserver d'éventuelles traces d'ADN.
« J'ai pris les vêtements de Milly, qui étaient couverts de taches, je les ai mis dans un sac en plastique et je les ai cachés dans le placard du couloir », a déclaré sa mère Sandra au Monde, qui a gardé le nom de leur famille secret.
Elle a ensuite pris des photos des blessures de sa fille et l'a emmenée chez le médecin le lendemain pour obtenir un rapport médical, a rapporté le journal.
Lorsque Milly a déposé plainte un an plus tard, en avril 2021, les enquêteurs ont pu identifier des traces génétiques de quatre personnes sur les vêtements.
À l'issue d'une audience à huis clos, un tribunal pour mineurs de Créteil, en banlieue parisienne, a annoncé mercredi soir avoir condamné deux des hommes, âgés de 15 ans à l'époque, à 10 ans de prison.
Un autre a été condamné à six ans de prison pour complicité, tandis que trois autres seront jugés ultérieurement.
Selon une enquête gouvernementale auprès des victimes, seulement sept pour cent des femmes en France portent plainte après une agression sexuelle, une tentative de viol ou un viol.
Six affaires sur dix sont alors jugées insuffisamment solides pour être portées devant les tribunaux, un chiffre qui passe à sept sur dix lorsque la victime est mineure, selon un rapport gouvernemental publié en novembre.
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